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Angela Davis — Non à l’oppression, d’Elsa Solal !

revue-ballast.fr - 29 novembre 2017

La collection « Ceux qui ont dit non » d’Actes Sud Junior, à destination des jeunes lecteurs et lectrices, met en scène des hommes et des femmes qui ont su dire non à l’inacceptable, qui se sont engagés et battus pour un monde « meilleur » — Non à l’oppression en fait parti. Ce livre, écrit par la dramaturge Elsa Solal, a l’originalité de nous présenter la grande figure d’Angela Davis via une correspondance imaginaire avec un jeune immigré de quinze ans. L’icône de la révolte des Noirs américains, des femmes et des opprimés s’adresse à cette jeune anonyme, dévorée qu’elle est par la colère et la haine, comme elle pourrait s’adresser à toute personne victime de l’injustice, à toutes celles et à tous ceux qui souffrent et ne savent comment lutter. C’est donc toujours avec ce souci de l’autre que ce discours autobiographique fictionnel se développe et qu’Angela Davis raconte : l’enfance dans un quartier surnommé « Dynamite Hill » (en raison des nombreux attentats commis contre les familles noires), les études à New York et à Paris, l’attentat de Biarritz (où elle perd ses amies d’enfance), la révolte devant les assassinats de Gregory Clark, Leonard Deadwilder, Bobby Hutton, tous maquillés comme des actes de « légitime défense », l’engagement clandestin, la traque lors de laquelle Davis se retrouve dans la fameuse « FBI 10 most wanted », la prison pour femmes de New York, le fameux procès, la libération, la lutte qui continue, la foi dans le collectif qui est proclamée : « La peur, je crois, ne disparaît pas. On l’apprivoise, c’est tout, avec dignité. Même quand je prenais la parole en public, le poing levé, le monde entier derrière moi, j’avais peur, mes jambes tremblaient. Mais j’étais ensemble. » En à peine soixante-dix pages c’est, à travers le destin d’Angela Davis, toute l’histoire de la lutte des Afro-américains qui se trouve esquissée, sans oublier la double lutte des femmes et la voix de celle, compagne de l’un des leaders du Black Panther Party, dont le corps est couvert de bleus, lançant que « [l]es libérateurs du peuple, chez eux, ils sont pires que des esclavagistes ! ».

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