CONFEU

Construire un feu, Jack London PEMF, Histoire pour lire

Jacques London, avait, à travers son premier texte, datant de 1902, produit  une œuvre courte mais dont la portée est immense.

Dans la réécriture du texte premier, en 1908, il distille un nouveau souffle à l’aventure avec une force remarquable dans le cheminement d’un homme face à l'adversité de la nature.

Dès l’incipit, le cadre est campé :

Le jour montait, froid et gris , excessivement froid et gris, quand l’homme laissa de côté la piste principale du Yukon et grimpa la haute berge de Terre, d’où un sentier à demi effacé et peu fréquenté partait vers l’est à travers un épais bois de sapin.

L’homme se met en route, et, très vite la perception du froid intense modifie sa tranquillité première. Il reste, cependant, dans l’ignorance de ce qu’est le froid à cette latitude. Parti sous 50°C en dessous de zéro, le froid ne faiblissait pas, tout au contraire. Sa morsure s’attaqua au visage, puis aux mains, aux pieds.

Un chien, un gros husky  suivait l’homme. Conscient du danger qui les menaçait, le chien était inquiet et déprimé. Aussi, suivait-il l’homme car il  attendait le « feu ».

Quoiqu’il  fût prévenu des risques  que faisait encourir le froid dans ces contrées, l’homme, projetait son arrivée dans le campement des trappeurs pour six heures du soir. Il construisit un premier feu et l’homme et le chien eurent un peu de réconfort.

L’homme reprit la route et le chien le suivit à regret car il savait d’instinct que le froid n’avait pas dit son dernier mot. Mais l’homme et le chien étaient étrangers l’un à l’autre.

A un moment donné, l’homme passa à travers la couche de neige d’un ruisseau. Il fallut réagir, construire à nouveau un feu, mais le froid  avait  gagné la partie.

Alors, la peur de la mort s’empara de l’homme de manière la plus folle, jusqu’au point de non retour.

Il s’agit là de la seconde version dans laquelle chaque mot a sa puissance d’évocation. Un récit admirable de la lutte de l’homme pour sa survie, et, finalement de son échec.

Le rythme, la clarté narrative, tout dans le récit stimule la lecture. Mêlant le récit d’aventure à une réflexion philosophique autour de la relation de l’homme à son environnement, il y a dans cette histoire éminemment humaine une densité saisissante.

Quant à la première version, sans doute dédiée pour plus jeunes, elle révèle le même sens narratif, avec simplement une part d’optimisme réconfortante quant à l’issue de l’aventure, puisque le héros de l’histoire ne meurt pas.  Et si le chien est absent dans ce premier texte, on ne peut que saluer l’intrusion de l’animal dans la seconde version car il place de manière centrale l’Homme entre nature et culture. Ce qui donne une profondeur particulière au récit.

Edité au PEMF, l’ouvrage ne manquera pas d’intéresser, non seulement les lecteurs, mais sans doute les médiateurs qui pourront ouvrir une réflexion,  y compris dans un travail comparatif entre les deux versions.

A recommander dès 10 ans.