Parolimage

16 novembre 2017

Princes et princesses de Légende

 

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Princes et princesses de Légende, Camille Von Rosenschild illustré par Xavière Devos - De La Marinière Jeunesse.

 

Comment pourrait-on se passer de contes, source de nos mythes, de nos peurs et de nos joies, nourrissant notre imaginaire de l'enfance à l'âge adulte ? 

Camille  Von Rosenschild déroule avec grâce dix contes qui nous mènent sur les pas de princes et de princesses aux aventures tumultueuses, hors de nos frontières. Ainsi, nous allons connaître le destin fabuleux de Amadou et de la fille au marigot , de Hawnung et de mademoiselle l'ourse, du prince Guidone et du cygne fabuleux, de Rama et de Sita la belle, de Siegfried et la Nymphe…Aventures extraordinaires où nous voyageons d'un pays à l'autre avec fascination. Ces contes sont magnifiés par  Xavière Devos par une mise en image somptueuse Un album extraordinaire et beau dont on relira les histoires, sans doute,  au fil des ans. Nous resterons longtemps fascinés par la beauté des illustrations de Xavière Devos.

A recommander dès 7 ans

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10 novembre 2017

Lire nuit gravement à l'ignorance

 

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Emmet et Cambouy,

 

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Emmet et Cambouy, Karen Hottois, Delphine Renon, -Seuil Jeunesse

 Quel album charmant sur l’amitié ! Deux amis et voisins traversent les saisons dans le partage d’une vie simple et tranquille. Au fil des mois, ils savent organiser leur vie, même si parfois une petite dispute survient. Au printemps, on aime prendre le petit déjeuner au jardin et jouer aux dominos. En été, on se prélasse dans le hamac, on se repose au bord de l’eau et on admire le coucher du soleil. L’automne ce sont des promenades dans les bois où on cueille châtaignes et champignons. Et, l’hiver on joue avec la neige et on attend avec impatience Noël. Ainsi la vie se déroule douce et tranquille au fil des saisons.

Des illustrations pleines de fraîcheur ponctuées de détails ravissants. Un album délicat, sensible apaisant, à hauteur d’enfant.

A recommander dès 5 ans

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05 novembre 2017

Les lucioles

 

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Les lucioles, Jan Thirion - Lajoinie Junior

Tout au début, Tyrone Bradoux se présente. Une petite ville, une familles heureuse, le chien Biscoto, et puis lui. Heureux mais devenu sourd et muet lorsque sa maman est « partie ». il nous dit avoir été électrochoqué.  Mais il aime sa famille y compris la nouvelle femme de son père. D’ailleurs il habite rue Sans Peine à Lanormale-les-ponts.

Si le jeune narrateur se sent heureux, il souffre de carences émotionnelles, d’après le psychologue. et si Tyrone reçoit beaucoup d’affection il ne veut ni parler, ni entendre et a cessé de grandir. Il a 13 ans et en paraît 7. Il est en CP.

Un jour, Les Lucioles organisent une kermesse. Les lucioles aident les gens en difficulté, se montrent toujours charitables. Ils sont vêtus de noir et de blanc et la kermesse arbore ces couleurs .

Puis, ce mouvement se transforme en parti politique. Les choses se gâtent. Une dictature féroce s’installe séparant les familles, expulsant les habitants indésirables, les pauvres, les malades, les vieux, les étrangers. La musique, le théâtre, la danse, le cinéma sont interdits. Les médiathèques subissent des purges où tous les livres d’auteurs étrangers sont voués à être brûlés en place publique. Enfin, on sépare les familles, les pères d’avec les les mères, les femmes d’avec les hommes, les enfants des parents. Situation terrible. Le pire, c’est que le frère et la soeur de Tyrone, Edgar et Saskia ont été embrigadés et sont devenus des propagandistes convaincus et dévoués du parti des noirs et blancs.

La situation est désespérée, lorsqu’un jour, au-dessus du camp 27, où Tyrone et sont père étaient prisonniers, apparaît une armada d’avions (on apprendra plus tard qu’il s’agissait d’avions de l’ONU). Le dictateur est arrêté. Peu à peu tout rentre dans l’ordre en laissant des traces profondes mais le joie de retrouver une vie paisible est un réel bonheur.

Ce qui fait la force de ce roman c’est l’art de Jan Thirion de mener le propos jusqu’à son point extrême. La progression dans le drame qui va se nouer est menée de manière à garder un certain suspens qui stimule la lecture de ce récit écrit de manière sobre et sensible. La noirceur du monde implacable n’offre, ici,  aucun espoir malgré les premières illusions. Quoique fictionnel, le roman décrit avec force comment par la séduction et la manipulation  une dictature peut s'installer et évoluer vers le pire des mondes. Le monologue intense du jeunes garçon est poignant de lucidité, de vie et de courage. La force de l'amour qui lie les êtres est un rempart contre la pire des violences et c'est l'espoir qui donne la force et la volonté pour surmonter l'abominable.

Un roman initiatique qui fera réfléchir et qui ouvrira au débat.

A recommander dès 12 ans

 

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Au lit MIyuku

 

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Au lit  Miyuki, de Roxane Marie Galliez et Seng Soun Ratanavanh - De La Martinière Jeunesse

Dès la première de couverture, nous sommes fascinés par la beauté de l’mage, et, le propos du livre enchante le lecteur par la délicatesse d’une belle histoire pleine de douceur.

C’est le tout début du printemps et c’est le tout début du jour. Miyuki se lève et se rend dans le jardin. Un petite fleur a tout juste percé la terre et Miyuki décide de l’aider à grandir. Que faut-il à une fleur pour qu’elle grandisse ? De l’eau pure et ce sera la quête de la petite fille qui en oublie le temps qui passe. Dans son parcours elle va faire de belles rencontres, parfois étranges. Le soir, elle  rentre chez elle heureuse mais bien fatiguée. Heureusement, Grand-Père est là pour la coucher dans son lit douillet et ils regarderont ensemble les étoiles briller dans le ciel. Puis, Miyiko s’endort.

Une belle histoire douce et tendre. La beauté de la nature est illustrée de manière délicate et les lignes pures, les couleurs la fantaisie des images tout emprunte le chemin du rêve avec élégance et poésie. 

Un bel hymne à la nature.

 

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03 novembre 2017

L’aigle noir

 

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L’aigle noir, Hervé Mettront - Lemuscardier Rester vivant

Un récit tragique qui porte avec sensibilité l’histoire de Billie, une jeune fille à la voix exceptionnelle.

Lorsqu’on fait sa connaissance elle parcourt une plage en bord de mer  à la recherche d’un objet que le sable a enfoui. Il s’agissait d’un bracelet offert par un garçon à la fin des vacances.

Nicolas Hartman quitte Paris avec sa guitare et va se rendre au collège Saint ambrais en Normandie où il est nommé professeur de musique. L’accueil est plutôt froid sauf pour les élèves ravis d’un prof qui introduit comme thème de travail la musique que les adolescents aiment. Il est très vite troublé par Billie qui chante si bien Barbara. Il ne sait comment lui parler pour l’encourager dans la voie du chant vocal. Lorsqu’une rumeur terrible s’empare de la petite ville porté par Sara, l’amie de Billie, il est trop tard. Le professeur accusé de pédophilie est démis de ses fonctions et se suicide.

Et,Billie est enceinte. Tout accuse Nicolas Hartman sauf que Billie retrouve le bracelet  et le numéro de téléphone du garçon qu’elle avait tant aimé pendant les vacance et qui était retourné à Paris. ET, pour elle, sans aucun doute, l’enfant est de lui.

Le récit, malgré l’âpreté du sujet, est écrit avec élégance ce qui évite une trop grande surcharge émotive même si l’histoire est terriblement douloureuse par l’injustice qui frappe les protagonistes.

Un roman qui ne pourra que susciter des interrogations sur l’amour, la délation, l’esprit du temps, le pouvoir des médias et des peurs collectives. Sans doute la  la fin du récit permettra un débat.

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29 octobre 2017

Elvis et l’homme au manteau rouge, un conte de Noël

 

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Elvis et l’homme au manteau rouge, un conte de Noël, Ole Könnecke, Traduit de l’allemand par Bernard Friot, De La Marinière Jeunesse.

Voilà un album qui nous parle de Noël et plus précisément du Père Noël de manière tout à fait réjouissante.

« Bien sûr, il neigeait depuis des jours et des jours… »

Nous étions le 24 décembre. Elvis était tout joyeux car avec cette bourrasque de neige il n’était pas obligé d’aller travailler. Grand-père qui lisait le journal lui fit remarquer que Noël c’était le lendemain. Elvis ne se formalisa pas et sortit de son carton un sapin de Noël en kit très sophistiqué. Soudain, la lumière s’éteignit. Il neigeait de plus en plus quand un drôle de bonhomme au manteau rouge frappa à la porte. Il demandait de l’aide car il devait absolument travailler et son traineau avait buté contre un poteau électrique et il était endommagé. Il ne pouvait pas aller travailler et c’était plus qu’urgent. Face à l’insistance du vieil homme au manteau rouge Elvis finit par chercher sa caisse à outils , puis par appeler Ernest le carrossier, puis Herbert le paysan (pour donner du foin aux rennes). Mais le traineau s’étant renversé c’était la catastrophe. Le grand-père, celui qui lisait le journal, se souvint alors, qu’un jour il avait eu un traineau. Mais où l’avait-il rangé ? Sa mémoire était défaillante mais soudain il se souvint, qu’il était dans la remise. Vite l’homme au manteau rouge attacha les rennes et hop, là, les voilà filant vers le ciel. Le grand-père était persuadé de connaître l’homme au manteau rouge. Il avait son nom sur la langue mais rien n’y fit. Il décida d’aller en parler au village.

Un conte de Noël sur le thème de l’entraide. C’est vivant, les personnages sont sympathiques et pas très organisés. Une histoire atypique et des dessins, proches du dessin B.D. qui sont très évocateurs des personnages et des situations.

A recommander à partir de 6 ans

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20 octobre 2017

L’aube sera grandiose

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L’aube sera grandiose, Anne-Laure Bondoux - Gallimard jeunesse

 

Voici un roman qui aborde de manière à la fois profonde, vivante et d’une surprenante légèreté le thème du secret de famille.

Nine et sa mère Titania vivent une relation à la fois aimante mais souvent conflictuelle. Nine a seize ans et sa mère est une femme indépendante, une  personnalité bien trempée. Elle est écrivaine. Un jour, sans crier gare, la mère fourgue sa fille dans sa vieille voiture et prend la route sans autre explication. Adieu la fête avec ses amis. Nine est furieuse. Tatiana prend un chemin buissonnier qui va les mener vers une petite cabane au milieu de nulle part, près d’un étang. Une cabane au mobilier sommaire mais riche d’un tas d’objets d’un temps passé. C’est justement de ce temps passé dont il sera question tout le long d’une nuit où la mère va confier la vérité sur son enfance. Ainsi elle révélera à Nine l’existence de Rose-Aimée sa grand-mère, de ses oncles Octo et Orion dont elle ignorait l’existence, de son grand-père, Pietro Pasini.  Mais, le récit déroule un fil  étonnant, tumultueux et met en scène une femme exceptionnelle de courage, de volonté, mue par un amour puissant pour ses enfants qu’elle a élevés dans un beau désordre plein d’amour.

Titania s’est donnée la nuit pour rompre les mensonges et enfin dire la vérité sur son enfance et les liens qu’elle a noués au fil des ans. Au petit matin, Nine devrait faire connaissance avec sa grand-mère et ses oncles.

Inutile de dire que cette longue nuit de confidence, de souvenirs fut pour la mère de Nine un moment à la fois âpre et baigné de beaux souvenirs. Nine écoute attentive, parfois nerveuse. Elle veut aussi connaître qui est son père.

Difficile de raconter les vie tumultueuse et dangereuses de la grand-mère et de la mère mais sublimées par l’amour qui lie cette famille malgré tout.

Le roman s’écrit, fluide et déroule son fil, comme l’évidence enfin révélée. Au bout de la nuit, Titiana voulut, un jour raconter son histoire…Elle savait déjà si bien raconter des histoires à ses jeunes frères…

A recommander à partir de 12 ans

01 octobre 2017

Un quart d'heure de lecture par jour au collège

 

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France 3 Provence-Alpes a récemment consacré un reportage à ce drôle de concept et, il faut bien l’avouer, le résultat est plus que réjouissant ! Regardez :

À Banon, on ne plaisante pas avec les livres. La preuve avec cette expérience géniale et exemplaire que personne ne semble regretter !

Un quart d'heure de lecture par jour au collège - JT France 3

L’initiative pouvait sembler culottée mais manifestement, elle a fini par séduire tout le monde !

Un élève :

« Avant, je ne lisais jamais. Maintenant, je lis de temps en temps. »

Un professeur :

« C’est quand même très agréable ce moment de cohésion dans le silence. C’est assez remarquable un silence de cette qualité-là. »

Le secrétaire de direction :

« On retrouve le goût de la lecture et de notre jeunesse. »

La principale  :

« On est parti un peu à l’aventure en se disant, « c’est une injonction de demander aux gens de lire chaque jour à la même heure ». On s’est inquiété. On s’est dit ça va marcher trois fois, quatre fois… et ça fait des mois que ça dure ! »

Voici donc comment, avec un peu d’audace et d’imagination, on peut réconcilier la jeunesse (et les adultes !) avec la lecture. Une expérience réussie qui, espérons-le, fera des petits dans les autres collèges de France !

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Et pendant ce quart d'heure, c'est le silence complet au collège. Expérience magnifique.

Niurka Règle

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29 septembre 2017

Ce que j’ai oublié de te dire

  

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Ce que j’ai oublié de te dire, Joyce Carol Oates  - Witz Albin Michel

Un roman déroutant par sa structure. Pourtant, Joyce Carol Oates nous happe dans ce récit et nous entraine sur les chemins tourmentés de trois adolescentes et de leurs amis.

L’histoire se déroule dans le New Jersey au sein des familles respectives mais surtout au sein  lycée de Quaker Heights. Cette institution rassemble des jeunes de la bonne société qui auraient pu vivre une adolescence tranquille entre études, loisirs, shoppings et petits flirts. Mais les choses ne sont pas si simples. Tink une jeune fille rebelle et fascinante s’est suicidée. Enfant elle avait eu son heure de gloire en tant que jeune comédienne dans une série télévisée à succès. Son caractère impétueux, révolté laisse aussi planer un mystère. La bande de « Tink & Co » reste soudée dans la mémoire de Tink qui les a toutes marquées.

Il y a d’abord Merissa, belle intelligente à qui tout réussit. Pourtant une blessure intime fait qu’elle se scarifie et le suicide de Tink, ne fait qu’amplifier son mal être Il y a Nadia si peu sûre d’elle qui souffre de sa corpulence et qui rêve d’un amour véritable. Il y a les autres, filles et garçons, parfois cruels.. Il y a le monde des adultes, les familles composées, décomposées, recomposées et les secrets de famille.

L’institution scolaire joue de pressions morales mettant en avant les gagnants, très avide du prestige de l’établissement….

En ce qui concerne le style narratif, on pourrait penser à un style relâché mais l’art de Joyce Carol Oates est de coller avec une subtilité magistrale et étonnante aux tourments  de ces adolescente qui vont passer de l’adolescence à l’âge adulte en vivant pleinement le amitiés fortes qu’elles ont nouées et surmonter, non sans douleur, les doutes et les incertitudes de la vie.

Un beau roman, nerveux et vibrant.