Parolimage

08 janvier 2018

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

 

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Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Anne Tempelhoff

En 1934, au pénitencier de Belle-Ile-en-Mer, un enfant ose mordre dans un bout de fromage avant de manger sa soupe en silence. Les gardiens le rouent de coups. Les autres enfants se révoltent et une émeute éclate, 55 d'entre eux en profitent pour s'évader. L'administration organise alors une battue pour les retrouver. On promet une prime de 20 francs aux habitants de l'île et aux touristes pour chaque enfant qu'ils ramèneront.
Profondément choqué, Jacques Prévert écrit alors ce poème.

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Au-dessus de l'île on voit des oiseaux
Tout autour de l'île il y a de l'eau
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Qu'est-ce que c'est que ces hurlements
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
C'est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l'enfant
Il avait dit j'en ai assez de la maison de redressement
Et les gardiens à coup de clefs lui avaient brisé les dents
Et puis ils l'avaient laissé étendu sur le ciment
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Maintenant il s'est sauvé
Et comme une bête traquée
Il galope dans la nuit
Et tous galopent après lui
Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
C'est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l'enfant
Pour chasser l'enfant, pas besoin de permis
Tous les braves gens s'y sont mis
Qu'est-ce qui nage dans la nuit
Quels sont ces éclairs ces bruits
C'est un enfant qui s'enfuit
On tire sur lui à coups de fusil
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Tous ces messieurs sur le rivage
Sont bredouilles et verts de rage
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Rejoindras-tu le continent
Rejoindras-tu le continent !
Au-dessus de l'île on voit des oiseaux
Tout autour de l'île il y a de l'eau.

Jacques Prévert.


02 janvier 2018

Ce que j’ai oublié de te dire,

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2 janvier 2018

 Ce que j’ai oublié de te dire, Joyce Carol Oates  - Witz Albin Michel

Un roman déroutant par sa structure. Pourtant, Joyce Carol Oates nous happe dans ce récit et nous entraine sur les chemins tourmentés de trois adolescentes et de leurs amis.

L’histoire se déroule dans le New Jersey au sein des familles respectives mais surtout au sein  lycée de Quaker Heights. Cette institution rassemble des jeunes de la bonne société qui auraient pu vivre une adolescence tranquille entre études, loisirs, shoppings et petits flirts. Mais les choses ne sont pas si simples. Tink une jeune fille rebelle et fascinante s’est suicidée. Enfant elle avait eu son heure de gloire en tant que jeune comédienne dans une série télévisée à succès. Son caractère impétueux, révolté laisse aussi planer un mystère. La bande de « Tink & Co » reste soudée dans la mémoire de Tink qui les a toutes marquées.

Il y a d’abord Merissa, belle intelligente à qui tout réussit. Pourtant une blessure intime fait qu’elle se scarifie et le suicide de Tink, ne fait qu’amplifier son mal être Il y a Nadia si peu sûre d’elle qui souffre de sa corpulence et qui rêve d’un amour véritable. Il y a les autres, filles et garçons, parfois cruels.. Il y a le monde des adultes, les familles composées, décomposées, recomposées et les secrets de famille.

L’institution scolaire, très avide du prestige de l’établissement, joue de pressions morales mettant en avant les gagnants,….

En ce qui concerne le style narratif, on pourrait penser à un style relâché mais l’art de Joyce Carol Oates est de coller avec une subtilité magistrale et étonnante aux tourments  de ces adolescents qui vont passer de l’adolescence à l’âge adulte en vivant pleinement le amitiés fortes qu’elles ont nouées et surmonter, non sans douleur, les doutes et les incertitudes de la vie.

Un beau roman, nerveux et vibrant.

 

25 décembre 2017

Rahan

 

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Mais pourquoi "Rahan" est-elle une BD culte ?

La couverture du Hors-série "Rahan 3D". (Courtesy Huberty Breyne)

De Blutch à Blain, plusieurs dessinateurs portent aux nues le Cro-Magnon blond né dans "Pif Gadget", qui fait l'objet d'une exposition à Paris. Explications.

Par Arnaud Gonzague

Publié le 21 décembre 2017 à 17h52

 Visite dans l’atelier de Christophe Blain, bédéaste génial 

Comme tous les arts, la bande dessinée compte des chefs-d’œuvre ignorés, sous-estimés, voire raillés. Et comme dans tous les arts, ces derniers sont défendus par des aficionados d’autant plus enragés d’amour qu’ils luttent pour la reconnaissance d’artistes injustement méprisés. «Rahan», la série créée en mars 1969 par Roger Lécureux (scénario) et André Chéret (dessin) dans «Pif Gadget» fait partie de ces oeuvres-là. Cultes, forcément cultes.

Longtemps regardée comme une série B, presque au niveau des «Zembla» et «Blek le Roc», «Rahan» figure depuis quelques années au Panthéon des quadras et des quinquas qui l’ont dévoré dans leurs jeunes années. Ceux-là sont intarissable sur le coutelas d’ivoire, le slip en peau de bête, le collier à cinq griffes, la blondeur incongrue, le cri tarzanoïde («Rahaaaaa!») et les pectos bandés du fils de Craô. Une certaine idée de la virilité qui s’accompagne, chez certains, d’émois durables liés aux plastiques des créatures (Onoo, Naouna) entourant notre héros.

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PIF est de retour (avec son gadget)

Gageons que l’exposition des planches de Chéret, que la galerie parisienne Huberty & Breyne ouvre à partir de ce vendredi 22 décembre*, bénéficiera d'un engouement qui n'a fait que grandir au fil des ans.

"'Rahan' n’a aucun équivalent dans la BD pour enfants"

« Roger Lécureux est tout simplement le plus grand scénariste de BD de la planète», martèle Jean-François Lécureux, son fils, qui tâte lui-même du scénario de «Rahan» depuis la mort de son père en 1999.

“Il a produit environ 40.000 planches au cours de sa carrière – c’est plus que tous les autres ! – et inventé, outre "Rahan", des séries cultes comme "Les Pionniers de l’espérance" [1945-1973, avec l’immense Poïvet au dessin, NDLR] ou "Galax". Il lui arrivait de travailler sur neuf histoires en même temps dans le même mois! Mais il n’aimait pas se mettre en avant, ce n’était pas son genre.»”

RAHAN : "Le Courage et la Peur", planche à l'encre de Chine. 

©Courtesy Huberty Breyne

« Rahan » compte aussi et surtout parmi ces œuvres qui ont ébloui l’enfance de quelques artistes fort célébrés par la critique aujourd’hui. Il suffit de se plonger dans le très autobiographique premier tome du «Petit Christian» (1998) pour découvrir que Blutch enfant se liquéfiait d’admiration devant le Cro-Magnon blond… mais pas sa maman qui trouvait le dessin «moche» et flanquait ses «Pif Gadget» à la corbeille. De même pour Boulet, qui a compris, en un gag mémorable, que Rahan était au fond une sorte de McGyver du néolithique.

On a visité l’atelier de Christophe Blain, bédéaste génial

Et si vous branchez l’un des plus grands de sa génération, Christophe Blain, sur le fils des âges farouches, vous ne pouvez plus le faire taire! L’auteur des séries «Gus» et «Isaac le Pirate», né en 1970, raffole non seulement des récits de Lécureux, mais aussi du dessin de Chéret.

“C’est bien simple, tranche-t-il. J’ai beau chercher, pour moi, "Rahan" n’a aucun équivalent dans la bande dessinée pour enfants. Et aucun suiveur! Bien sûr, si on le découvre adulte, on peut passer à côté. Mais pour un enfant, c’est d’une audace folle, le scénario et la mise en scène se renouvellent constamment. Vraiment, on parle là d’un chef d’œuvre.»”

RAHAN : "Plus vite que le zèbra", planche à l'encre de Chine. 

©Courtesy Huberty Breyne

"La bestialité des hommes est remarquablement montrée"

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Pour Blain, le grand mérite de «Rahan» est de déployer, derrière une apparente fluidité, des histoires étranges, inquiétantes, parfois effrayantes, toujours aux confins du fantastique.

“Il met en scène des bras arrachés qui laissent des moignons purulents, une femme au visage rongé par les fourmis, ou bien Rahan faisant une chute au milieu d’une cohorte de squelettes… La violence, la bestialité des hommes sont remarquablement montrées. A 7 ou 8 ans, c’est la première fois que vous voyiez voit un truc comme ça !»”

 

Astérix est-il un héros juif ?

D’autant que, comme les connaisseurs le savent, Lécureux n’aligne pas les poncifs du cinéma d’épouvante pour produire de l’émotion facile. Dans «Rahan», il n’y a pas de surnaturel: la rationalité triomphe toujours face à l’obscurantisme, entretenu notamment par les chamanes («Pif Gadget» appartenait au Parti communiste, ne l’oublions pas).

Pour Jean-François Lécureux :

“Rahan est un jeune qui doute, expérimente, réfléchit, comprend et a la générosité de transmettre ce qu’il sait à son prochain. Il n’y a pas de magie, mais la construction d’une société plus heureuse. Je pense que mon père a inventé Rahan après m’avoir vu, à 11 ans, dans ma cabane dans la forêt de Sénart, en train de clouer des planches et ficeler des pierres…» ”

"Une sensualité presque lubrique"

Mais « Rahan », c'est aussi bien entendu, le trait d’André Chéret. Longtemps jugé comme un dessinateur un peu secondaire, il a quand même produit quelque 3600 planches, dont certaines s’écoulent aujourd’hui sur le marché entre 3000 et 16.000 euros. Christophe Blain insiste:

“Son dessin au pinceau a une apparence classique, mais il ne l’est pas. Pas du tout. Il a des trouvailles géniales pour faire croire à l’existence de ses personnages. Et ses choix de couleurs sont fous – certaines tribus sont bleues, d’où il sort, ça? Je me souviens des gravillons collés à la corne du pied de Rahan ! La matière de Chéret est d’une sensualité inouïe, presque lubrique. Les feuilles, l’eau, la roche, le bois… tous ses matériaux sont traités de manière frontale, sans triche. Ça vous marque à vie.»”

Rahan : "la Mangeuse d'Hommes" (couverture). 

©Lécureux - Huberty Breyne Gallery

Blutch, Boulet, Blain et ses autres groupies vont bientôt avoir des nouvelles du beau gosse des cavernes. En 2019, il fêtera ses cinquante ans - occasion, peut-être, de faire enfin l’objet d’un long-métrage de cinéma.

“En 2001, la réalisateur Christophe Gans était partant pour le faire, mais le projet a capoté pour des raisons incompréhensibles, se souvient Jean-François Lécureux. Un autre scénario est déjà coécrit avec Matt Alexander [duo de scénaristes qui ont notamment adapté "Blueberry", NDLR]. Nous sommes en attente d'un producteur.»”

20 très bonnes BD pour finir l'année en beauté

Ah oui, Craô-le-Sage a de quoi être fier de son fiston.

Arnaud Gonzague

* Jusqu’au 27 janvier 2018, 91 rue Saint-Honoré, Paris Ier, https://www.hubertybreyne.com

Arnaud Gonzague

Journaliste

11 décembre 2017

La princesse aux mille et une perles

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La princesse aux mille et une perles, Ghislaine Roman, illustrations de Bertrand Dubois - De La Martinière Jeunesse.

Ah ! Les contes ! On n’en finit pas de les revisiter ou de les créer.

«  Dans un lointain royaume oublié  d’un continent à jamais perdu, naquit, il y a fort longtemps, une enfant que l'on nomma  Khouniley » La pauvre petite perdit très tôt père et mère et c’est son oncle Chayan qui dirigea son royaume. Selon la coutume, Khouniley accédera au trône lorsqu’elle aura obtenu mille perles en échange de sa sagesse. Elle partit, donc, vers les terres lointaines de son royaume, accompagné de Kamar, son ami de toujours et fils de sa nourrice.

Sa sagesse, ses bons conseils, son respect de la nature lui valurent l’estime de tous et elle revint avec les mille perles. Mais Chayan avait pris goût au pouvoir. Un jour, les perles disparurent. Chayan jubilait. Mais, les animaux que Khouniley avait si bien protégés arrivèrentt de toute part avec chacun une perle. Chayan devait mourir mais Khouniley le renvoya loin du royaume. Pour ce geste une nouvelle perle tomba dans la coupe d’or. Depuis,  Khouniley fut appelée « La princesse aux mille et une perles »

Dans un format généreux, un conte ouvertement écologique plein de douceur et aux belles illustrations.

A recommander dès 5 ans.

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08 décembre 2017

Salon du livre et de la presse jeunesse

 

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C'est toujours un événement qui convoque la curiosté, les découvertes, les échanges. A l'année prochaine !


04 décembre 2017

Nils et le terrible secret

 

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Nils et le terrible secret, Claire Clément - Bayard Jeunesse

Alice est gardienne d’une barrière de chemin de fer à Oulu, en Finlande. Elle souffre de la perte de son enfant mort dans l’incendie de sa maison pendant sa courte absence. Il aurait dix ans à présent. Son chagrin est toujours présent. Sur l’acceptation d’un ami, elle accepte de le rejoindre à Kautokeino, une région rude en Laponie où a lieu chaque année une fête annuelle traditionnelle très populaire.

Sur la route une terrible tempête de neige bloque son véhicule. Elle court dans la neige et a failli perdre la vie sans l’aide d’Andreas, de son fils Nils et du chien Bahka. A son réveil, elle est émue à la vue du jeune garçon qui l’aide à boire une tisane de plantes traditionnelles données par son père. Elle décide de rester en Laponie, alors que la population Samis lui est hostile, surtout Andréas, le père de Nils. 

A la fois roman d’aventures et roman familial, c’est un véritable plaisir de découvrir ce pays et ce peuple encore ancré dans ses traditions. Et puis il y a cette nature sauvage et ses troupeaux de rennes, la blancheur vive des paysages enneigés, ses lacs gelés...Les personnages sont authentiques et attachants. L’histoire de la mère, de Nils et d’Andréas est très émouvante. Un beau roman sur la filiation.

A recommander à partir de 10 ans . 

 

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03 décembre 2017

Une histoire d'amour

 

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Une histoire d'amour, Gilles Bachelet - Seuil Jeunesse

 Il y a des histoires d’amour qui durent toute la vie. Celle de Georges et deJosette, deux gants Mapa plus qu’humains, en est une illustration remarquable. La rencontre eut lieu tout naturellement : « Georges était maître nageur et Josette pratiquait la natation synchronisée ». Un coup de foudre ! S’ensuivirent des sérénades, la fête foraine, le bal, la tête de Josette qui tournait et le premier baiser. Et puis, le mariage, le voyage de noce, à Venise comme il se doit, et l’installation. Mais un jour, Josette voulut un enfant. Puis ils en eurent quatre autres. Imaginez la vie que ce fut, entre maladie, anniversaires, Noël, les cavalcades et les fous rires. Les enfants grandirent mais cette famille dynamique fut toujours très soudée, malgré quelques fâcheries.. Lorsque le père mourut Josette fut entourée par les enfants auxquels elle aimait raconter sa rencontre avec Georges.

Des illustrations pleines d’humour aux couleurs toniques. Quant aux personnages et aux détournements des objets, franchement, c’est une réussite.  Tout respire la bonne humeur, la gentillesse et l’affection. Le jeune lecteur ne manquera pas de se réjouir du foisonnement de détails savoureux. C’est un album remarquable par son approche naturelle de la vie, son sens du quotidien et l’optimisme général qui s’en dégage.

A recommander dès 7 ans.

 

 

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Le corps enchanté

 

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Le corps enchanté, Aina Bestard -Seuil Jeunesse

"Dans ce nouvel album, Aina Bestard nous emmène à la découverte de notre organisme, ce monde souterrain que la peau dérobe à nos yeux. Muni de ses habituelles loupes magiques, l'enfant parcourt les membres des personnages et découvre un univers insoupçonné : appareil digestif, réseau de veines et d'artères, entrelacs de muscles et de tendons... Le dessin poétique d'Aina Bestard révèle de façon magistrale notre anatomie et propose au lecteur une vision aussi ludique que pédagogique du corps humain."

Inclus : un poster magique représentant le corps.

(Source : Seuil Jeunesse)

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30 novembre 2017

Angela Davis - Non à l'oppression

 

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Angela Davis — Non à l’oppression, d’Elsa Solal !

revue-ballast.fr - 29 novembre 2017

La collection « Ceux qui ont dit non » d’Actes Sud Junior, à destination des jeunes lecteurs et lectrices, met en scène des hommes et des femmes qui ont su dire non à l’inacceptable, qui se sont engagés et battus pour un monde « meilleur » — Non à l’oppression en fait parti. Ce livre, écrit par la dramaturge Elsa Solal, a l’originalité de nous présenter la grande figure d’Angela Davis via une correspondance imaginaire avec un jeune immigré de quinze ans. L’icône de la révolte des Noirs américains, des femmes et des opprimés s’adresse à cette jeune anonyme, dévorée qu’elle est par la colère et la haine, comme elle pourrait s’adresser à toute personne victime de l’injustice, à toutes celles et à tous ceux qui souffrent et ne savent comment lutter. C’est donc toujours avec ce souci de l’autre que ce discours autobiographique fictionnel se développe et qu’Angela Davis raconte : l’enfance dans un quartier surnommé « Dynamite Hill » (en raison des nombreux attentats commis contre les familles noires), les études à New York et à Paris, l’attentat de Biarritz (où elle perd ses amies d’enfance), la révolte devant les assassinats de Gregory Clark, Leonard Deadwilder, Bobby Hutton, tous maquillés comme des actes de « légitime défense », l’engagement clandestin, la traque lors de laquelle Davis se retrouve dans la fameuse « FBI 10 most wanted », la prison pour femmes de New York, le fameux procès, la libération, la lutte qui continue, la foi dans le collectif qui est proclamée : « La peur, je crois, ne disparaît pas. On l’apprivoise, c’est tout, avec dignité. Même quand je prenais la parole en public, le poing levé, le monde entier derrière moi, j’avais peur, mes jambes tremblaient. Mais j’étais ensemble. » En à peine soixante-dix pages c’est, à travers le destin d’Angela Davis, toute l’histoire de la lutte des Afro-américains qui se trouve esquissée, sans oublier la double lutte des femmes et la voix de celle, compagne de l’un des leaders du Black Panther Party, dont le corps est couvert de bleus, lançant que « [l]es libérateurs du peuple, chez eux, ils sont pires que des esclavagistes ! ».

A recommander à Partir de 13 ans

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16 novembre 2017

Princes et princesses de Légende

 

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Princes et princesses de Légende, Camille Von Rosenschild illustré par Xavière Devos - De La Marinière Jeunesse.

 

Comment pourrait-on se passer de contes, source de nos mythes, de nos peurs et de nos joies, nourrissant notre imaginaire de l'enfance à l'âge adulte ? 

Camille  Von Rosenschild déroule avec grâce dix contes qui nous mènent sur les pas de princes et de princesses aux aventures tumultueuses, hors de nos frontières. Ainsi, nous allons connaître le destin fabuleux de Amadou et de la fille au marigot , de Hawnung et de mademoiselle l'ourse, du prince Guidone et du cygne fabuleux, de Rama et de Sita la belle, de Siegfried et la Nymphe…Aventures extraordinaires où nous voyageons d'un pays à l'autre avec fascination. Ces contes sont magnifiés par  Xavière Devos par une mise en image somptueuse Un album extraordinaire et beau dont on relira les histoires, sans doute,  au fil des ans. Nous resterons longtemps fascinés par la beauté des illustrations de Xavière Devos.

A recommander dès 7 ans

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